Témoignages

Un master international

De nombreux étudiants étrangers viennent chaque année enrichir les promotions des deux années de master de l’ENC.

Une attention particulière est portée aux normes internationales et aux recommandations faites dans chaque pays. La connaissance qu’ont les étudiants étrangers des applications qui en sont faites dans leur pays respectifs est un véritable apport pour l’ensemble de la classe.

Par ailleurs, les stages à l’étranger sont encouragés, afin que les étudiants aient l’occasion de comparer les différentes pratiques mises en place dans des institutions analogues.

Témoignage : Marina Caputo, promotion 2011 :

L'emploi toujours plus répandu des nouvelles technologies dans les sciences humaines a modifié les méthodes de la recherche scientifique ainsi que les stratégies de travail dans les métiers dans ces métiers. Et pourtant, d'après mon expérience, les formations d'une plus grande portée dans le domaine sont de fait très peu nombreuses. Et l'acquisition des compétences informatiques y est souvent conçue en réponse à des besoins immédiats soulevés par la mise en place d'un nouvel outil numérique.

Le Master 2 de l'Ecole des Charte m'a montré qu'il est tout à fait possible de sortir cet apprentissage de cas de figure aussi spécifiques en faisant de ce sujet un véritable savoir en amont.

Une présentation la plus exhaustive possible des principaux outils informatiques existants, doublée de la prise en compte de plusieurs disciplines, met l'étudiant dans la position de cerner au mieux son champ d'intérêt et de viser d'une manière précise ses objectifs, soit qu'il souhaite faire de la recherche ou envisager une carrière quelle qu'elle soit.

De plus, un regard attentif aux nouveautés produites par d'autres pays, la possibilité de faire son propre stage à l'étranger donnent à la formation une ampleur européenne, un aspect fortement apprécié par les élèves non-français comme moi.

Les cours et les travaux d'équipe sont encadrés par de professeurs agréables et compétents ; ces derniers, ainsi que mes collègues, se sont montrés à l'écoute des incertitudes que j'ai pu connaître en arrivant dans un contexte tout à fait nouveau, ce qui contribue à rendre cet expérience très enrichissante aussi au point de vue humain.

Marina Caputo

 

La formation continue

Outre l’accès majoritaire au master de l’ENC dans le fil d’une formation initiale, ce master offre également la possibilité d’une formation continue venant parfaire une expérience professionnelle.

Témoignage : Sandrine Heiser, promotion 2011 :

Dans le cadre de l’année universitaire 2010-2011, j’ai eu la chance d’être la première étudiante en « congé de formation professionnelle » à suivre le master 2 « Technologies numériques appliquées à l’histoire », et, à ce titre, l’ADEMEC, par la voix de sa trésorière, ma camarade de promotion Agathe Demersseman, m’a demandé de témoigner de cette expérience originale.

Pourquoi prendre un congé de formation professionnelle (CFP) ?

Le congé de formation professionnelle, comme son nom ne l’indique pas, est avant tout un choix personnel, qui correspond à un moment donné dans une carrière à un besoin spécifique.

Diplômée en archivistique en 1990 (DESS de Mulhouse), je n’avais pas eu l’opportunité à cette époque de bénéficier de cours d’informatique et l'expérience acquise dans les différents postes que j’ai occupés depuis 20 ans aux Archives diplomatiques puis au Ministère de la Défense m’avait laissé sur ma faim. Bien sûr, ces ministères proposent des formations, mais dans le domaine des technologies numériques l’évolution des métiers est si rapide qu’il est difficile en quelques jours de se mettre à niveau.

C’est pourquoi, à mi-carrière j’ai souhaité faire un break, prendre le temps de réfléchir à toutes ces questions en perpétuelles mutations et surtout mettre toutes les chances de mon coté pour m’armer pour les 20 ans à venir.

Même si on peut prétendre tout au long de sa carrière à trois années consacrées ainsi à son propre épanouissement, seule la première année du CFP est partiellement rémunérée et j’ai donc pour ma part opté pour un congé de neuf mois de début octobre 2010 à fin juin 2011 que ma hiérarchie a eu l’obligeance de m’accorder.

Je reprendrai mon activité professionnelle au Service historique de la Défense en tant que chef du bureau de la politique des publics, responsable de la mise en ligne des instruments de recherche, le 1er juillet 2011, c’est un vendredi ! Et j’espère d’ici là avoir bouclé mon mémoire de recherche consacré aux activités artistiques et culturelles de Michel François en Allemagne occupée (1945-1949).

Qu’est-ce que la formation m’a apporté ?

Par le contenu des enseignements, la qualité des intervenants et les conditions privilégiés d’étude qu’offre l’École des chartes, cette formation a correspondu en tous points à mes attentes.

Cette année universitaire a été également une occasion unique de rencontrer des praticiens reconnus, capables de m’apporter en quelques heures les réponses à des questions qui par le passé ont pu me préoccuper pendant plusieurs semaines, sans trouver d’interlocuteurs pour m’aiguiller.

C’est surtout le moment de prendre le temps de voir ce qui se passe ailleurs, dans les autres services d’archives, mais pas seulement. De comparer les pratiques archivistiques avec celles des autres institutions patrimoniales et cela tout en respectant les spécificités liées au monde des archives.

Ainsi, j’ai pu parfaire mes connaissances sur la numérisation des documents en comparant mes expériences personnelles avec celles des bibliothèques et des musées confrontés aux mêmes enjeux. En réalisant un site web statique, puis dynamique, j’ai pu mettre en pratique les cours de XHTML, CSS, PHP, et même JavaScript tout en utilisant une base de données MySQL, autant de standards que je n’imaginais pas pouvoir maîtriser en début d’année. J'ai également découvert les multiples possibilités qu’offre le protocole OAI-PMH pour l’agrégation des métadonnées. Que de chemin parcouru ! Et cerise sur le gâteau, en choisissant le parcours recherche, j’ai pu allier mon goût pour l’histoire avec la mise en pratique des enseignements du 1er semestre.

Un exemple à suivre ?

Le congé de formation professionnelle permet de travailler sur des sujets et des problématiques qui vous intéressent plus particulièrement. Dans tous les cas, cette démarche doit être mûrement réfléchie car l’investissement personnel est très important et nécessite, surtout lorsqu'on est une « vieille » étudiante, une très grande humilité et une capacité à accepter ses propres limites. Savoir reconnaître qu'on ne sait pas est indispensable pour pouvoir évoluer professionnellement.

Personnellement, tous mes objectifs ont été atteints. Il me reste à présent à pouvoir mettre en pratique toutes ces connaissances et à réussir à convaincre ceux de mes collègues qui ne le sont pas déjà de l'importance des technologies numériques pour le traitement des sources archivistiques. Je pense durant cette année universitaire avoir acquis des solides compétences en informatique qui viennent heureusement compléter ma formation initiale en archivistique et mon expérience sur le terrain. Quant à une évolution de carrière, pourquoi pas, même si cela n’a jamais été au centre de mes préoccupations ; car la soif de connaître est bien supérieure.

Pour finir, je voudrais vous transmettre le message de Maurice Allais, prix Nobel d'économie, qui voulait préparer l’École des chartes mais qui a finalement choisi polytechnique : « Dans toute carrière le succès est au bout, mais ne travaillez jamais pour le succès. Il vous sera donné par surcroît. Travaillez toujours avec le seul souci du travail bien fait et en essayant constamment de vous surpasser ».

Sandrine Heiser